11.8.09

Madmenizer...

Comme je suis en vacances cette semaine, j'ai pris le temps de m'insérer dans mon émission préférée...

2.8.09

Déménagement

J’étais dans la région de Québec en fin de semaine et j’ai lu dans Le Soleil que les frères Rémillard étaient intéressés à investir pour ramener une équipe de la LNH à Québec.

Faire revivre les Nordiques et présenter leurs matchs à TQS, ça pourrait sûrement contribuer à relancer le réseau moribond. Mais j’ai une idée encore plus radicale pour les frères Rémillard: pourquoi pas déménager le quartier-général de TQS à Québec.

D’abord, il me semble que ce serait un extraordinaire coup de « branding ». En s’installant à Québec, TQS se démarquerait de ses compétiteurs et réglerait instantanément son problème d’identité. Et imaginez l’enthousiasme que ça susciterait à Québec et un peu partout dans les régions.

En plus, je ne pense pas que les Montréalais bouderaient une télé s’identifiant à Québec. Depuis les fêtes du 400ième et l’élection du maire Labaume, l’image de Québec a changé pas mal. La ville a le vent dans les voiles et ça excite même les Montréalais.

20.7.09

Quand on travaille pour la télé...

Quand on travaille pour une émission de télé, on peut se faire demander de faire toutes sortes d'affaires. Comme se marier...



Plus de détails un moment donné cet hiver quand sera diffusée la cinquième saison des Pieds dans la marge.

Télé d’été

Est-ce que quelqu’un d’autre que moi regarde Burn Notice? C’est une télésérie diffusée sur USA Network qui met en vedette un espion qui a été expulsé des services secrets et qui utilise ses talents pour défendre la veuve et l’orphelin à Miami.

C’est de la bonne télé d’été qui rappelle un peu des séries des années 80 comme Magnum PI ou McGyver, mais en dix fois meilleurs. C’est très bien écrit et Jeffery Donavan, l’acteur qui joue l’agent secret, est fantastique – en particulier quand son personnage change d’identité et qu’il doit jouer un « personnage-en-train-de-jouer-un-personnage ».

Dans le coffret de la saison 2, il y a une entrevue avec le créateur de la série, Matt Nix. Il raconte qu’après avoir vu un épisode de Burn Notice, un vieil ami lui a dit: «c’est comme t’écouter parler pendant un heure.»

Il y a une leçon pour n’importe quel scénariste dans ce commentaire-là. Quand on crée une galerie de personnages pour une série, on essaie de donner à chacun d’eux une couleur, un humour, une façon de parler, de la «personnalité». Parce qu’on a très peur de se faire que tous nos personnages se rassemblent. Mais je pense qu’il faut aussi craindre l’excès inverse. Surtout ici au Québec où on nous demande d’écrire des bibles contenant des descriptions très détaillées de nos personnages.

D’abord, à trop vouloir «distinguer» un personnage, on peut le rendre très unidimensionnelle. Genre l’écolo qui réagit façon écolo dans toutes les situations. Ensuite, on peut se ramasser avec un personnage tellement éloigné de nous qu’on n’est tout simplement pas capable d’écrire pour lui. Un personnage qui ne nous permet pas d’utiliser nos forces et qui expose nos faiblesses.

En répétant ça, on obtient une galerie de personnages hétéroclites qui ne vont pas vraiment ensemble et qui n’appartiennent pas à la même vision artistique. Et ça, c’est un méchant problème.

4.7.09

Mad Men 1.05: 5G

Le cinquième épisode de Mad Men nous fait voir Pete Campbell sous son plus mauvais jour. Jaloux d’un collègue de travail qui a réussi à faire publier dans un magazine un récit qu’il a écrit, Pete veut à tour prix être publié à son tour. Alors il se tourne vers sa femme...

Ces deux scènes sont typiques de Mad Men. Elles sont troublantes et chargées de sens, tout en restant agréablement ambiguës. Au lieu d’expliquer totalement Pete, elles nous incitent plutôt à méditer sur son cas. Et à formuler nos propres hypothèses en fonction de notre vécu et de notre sensibilité.

Quand on fait de la télé et ou n’importe quel autre art dramatique, il faut laisser place à l’interprétation. C’est vrai pour l’auteur, qui doit laisser le metteur en scène interpréter son texte et les acteurs interpréter ses personnages. Et c’est vrai aussi pour l’œuvre au grand complet, qui doit laisser place à l’interprétation du spectateur plutôt que d’offrir des réponses toutes faites. En tout cas il me semble.

Pour cette raison, je pense qu’il faut aborder l’écriture dramatique comme un jeu d’exploration. Si on a une théorie ou si on est convaincu de savoir ce qui ne va pas avec le genre humain, mieux vaut écrire une thèse qu’une œuvre dramatique.

27.6.09

Mad Men 1.04: New Amsterdam

Le quatrième épisode de Mad Men est celui qui m’a fait basculer dans le camp des fervents admirateurs de la série. Il contient plusieurs scènes fantastiques mettant en vedette Pete Campbell et Betty Draper.

Pete Campbell, c’est le vilain de Mad Men. Le jeune frustré qui cherche désespérément à entrer dans le club des «vrais hommes» et qui passe tout cet épisode à encaisser humiliations après humiliations. Alors forcément, c’est le personnage auquel je m’identifie le plus.

Dans cet épisode comme dans les précédents, Pete se comporte en petite crapule au travail. Mais dans une scène géniale, on le voit essayer en vain d'emprunter de l'argent à son père et soudain on commence à le comprendre. Surtout quand il promet de rembourser l’emprunt et que son père lui répond: «It’s not about the money, Peter. You know that.»

Betty Draper souffre d’un problème similaire. Ce n’est pas tout à fait une adulte. Pour nous le faire comprendre, les auteurs de la série ont une idée géniale : faire interagir Betty avec un enfant dans une scène vraiment troublante. Betty n’arrive tout simplement pas à établir une relation adulte-enfant avec Glen, le fils d’une voisine qu’elle garde. Elle redevient plutôt la petite fille qu’elle n’a jamais cessé d’être.

22.6.09

Mad Men 1.03: The marriage of Figaro

Le troisième épisode de Mad Men ne m’a jamais particulièrement allumé. Mais il y a dedans un échange que j’aime beaucoup. Au beau milieu d’une petite fête réunissant son voisinage, Don Draper s'ennuie dans sa petite vie banlieusarde. Il jase avec un voisin et ça finit comme ça:

VOISIN: We got it all, huh?
DON DRAPER: Yep this is it.

Mad Men contient beaucoup de « déclaration choc » dans ce genre-là. AMC, le réseau qui diffuse la série aux États-Unis, a eu l’idée de se servir de ça pour créer une campagne promotionnelle. Voici ce que ça donne...







21.6.09

Mad Men 1.02: The ladies room

Dans le deuxième épisode de Mad Men, on apprend surtout à connaître Betty Draper, la femme du héros de la série. Même s’il est marié avec un bel homme qui fait beaucoup d’argent, même si elle a deux beaux enfants, même si elle est la maîtresse d’une maison confortable en banlieue de New-York, Betty est malheureuse parce que son mari est secret et distant. Son anxiété est telle que ses mains se mettent régulièrement à trembler, et à cause de ça elle finit par avoir un petit accident d’auto.

Ce qui est intéressant dans le scénario, c’est comment les auteurs ont réussi à lier cette histoire au travail du mari de Betty. Don Draper est concepteur publicitaire dans une agence. Dans cet épisode, il travaille sur une pub pour le tout premier désodorisant en aérosol. Il commence par rejeter un concept liant le produit aux astronautes et à la conquête spatiale parce qu’il vise les hommes. Or, fait-il remarquer, c’est la femme qui achète du désodorisant pour son mari quand elle fait l’épicerie. Car on est en 1960...

Ensuite, il pose ne question très évidemment inspirée de ce qui se passe chez lui: «what do women want?»

Cette question traverse tout l’épisode et lui donne son unité. Mais la question est moins intéressante que la réponse qu’un homme aussi «homme» que Don Draper peut y trouver. À la fin, le slogan qu’il trouve pour vendre du désodorisant est merveilleusement ambigu : «What do women want? Any excuse to get closer...»

Ça jette un éclairage sombre sur le personnage et son comportement avec sa femme qu’il essaie ensuite de rassurer en se livrant à un simulacre de rapprochement.

Qui aurait imaginé que la conception publicitaire constituait un bon moyen d’aborder des questions aussi profondes sur la nature humaine?

11.6.09

Wow...

Aujourd'hui, j'ai vécu une journée de tournage qui a testé ma patience au maximum. Mais ce n'est rien à côté du tournage de court-métrage d'animation qui a duré quatre jours. Et nécessité plus de 6000 post-it...



Merci à Jipé d'avoir mis ça sur son blogue. Sinon, je ne l'aurais peut-être jamais vu...

10.6.09

Visionnement

C’était jour de visionnement hier au bureau. Je m’en allais là avoir du fun mais finalement, il a fallu qu’on travaille fort.

Un visionnement, c’est quand on regarde en groupe un sketch après un premier montage pour le commenter et suggérer des améliorations.

Quand un sketch fonctionne bien, ça va tout seul. Mais hier, on s’est buté à deux sketchs «à problème». Dans ces cas-là, on devient presque des chirurgiens. Il faut trouver le moyen de couper les longueurs et les gags qui marchent moins bien, tout en s’assurant que l’histoire se tient encore.

Des fois, pareil travail de remodelage donne des résultats surprenants. Surtout quand on n’a pas peur de faire quelque chose de radical. L’important c’est d’essayer de voir le sketch d’un regard neuf et de s’en détacher le plus possible. Comme ça, on voit de nouvelles possibilités.

L’erreur qu’on fait souvent, c’est vouloir tout préserver. En essayant par exemple d’enlever deux ou trois secondes à plusieurs endroits plutôt que de faire toute une section. Comme auteur, quand on coupe dans un sketch, on est comme un gars qui vient de se faire amputer un membre. Quand on regarde le sketch, on «sent» encore la partie manquante – ou du moins on ressent très fort son absence. Il faut se rappeler que les téléspectateurs n’éprouveront jamais cette sensation parce qu’ils n’ont jamais vu la partie manquante. Ce qui nous apparaît comme une coupure maladroite ou un «trou» dans la logique ne les dérangera pas autant.

Hier, on a notamment travaillé sur un sketch mettant en vedette Laurier, notre prof de Cégep aussi flamboyant que son col roulé orange. Pour me rappeler ce qui marche bien avec lui, j’ai regardé à nouveau tous ses cours sur l’amour et la sexualité. Et voici mon préféré...



À égalité avec celui-ci...