L’autre soir, j’ai mangé seul au restaurant. Vraiment seul. Non seulement personne ne m’accompagnait, mais j’étais aussi l’unique client dans l’établissement.
C’était un petit restaurant asiatique de banlieue situé tout juste à côté d’un grand restaurant italien comme on en trouve partout autour de Montréal. J'étais installé bien en vue dans la vitrine du restaurant, comme un poisson dans un aquarium. À l’extérieur, des gens passaient presque continuellement en me regardant d’un drôle d’air, puis s’engouffraient dans un gros restaurant italien situé juste à côté.
Je pouvais les comprendre. En toute honnêteté, le poulet sauce aigre-douce qu’on m’avait servi me donnait envie de manger de l'italien. J’étais quand même en train de m’apitoyer sur le sort de ce pauvre restaurant en manque de clients quand le téléphone de l’établissement s’est mis à sonner. Le serveur, un jeune homme à lunettes, a répondu. La conversation a vite pris une tournure inattendue.
-Non, pas besoin de faire de réservation. Il y a juste une personne dans le restaurant, a commencé par lancer le serveur. Puis, comme si ce n'était pas suffisant...
-Ce qui se passe, c’est qu'on est situé juste à côté d'un gros restaurant italien et tout le monde préfère aller là.
Parlez-moi d'un employé honnête...
14.4.06
11.4.06
Problème français, solution française
Beaucoup de Français viennent vivre ici au Québec. Inévitablement, sur le lot, certains sont énervants. Pour se protéger, je propose qu'on s'inspire de la France et qu'on adopte une mesure similaire au contrat de première embauche. Imposons à tout Français qui s'installe ici une période de probation de deux ans durant laquelle on peut le renvoyer chez lui sans un mot d'explication!
5.4.06
Québec, ville frustrée
La frustration règne dans la ville de Québec. Pour plusieurs raisons, la capitale provinciale se sent plus provinciale que capitale. Parmi ces raisons, il faut sûrement compter l’exceptionnel réseau d’autoroutes qui permet de circuler sans problème à Québec. Comment voulez-vous que les Québécois aient l’impression d’habiter dans une grande ville ainsi privés d’embouteillage?
Un vrai défi d'alpinisme
Vous croyez c'est difficile d'escalader une montagne en Himalaya? Essayez d'en escalader une dans les Prairies!
2.4.06
La preuve que les Québécois sont paresseux
Pour se déplacer sur la neige qui recouvre leur territoire, les Scandinaves ont inventé les skis. Nous pour faire la même chose, on a «emprunté» aux Amérindiens leurs raquettes... ainsi que leur neige et leur territoire. Plus tard, un seul d’entre nous s’est mis au travail et, dans un ultime effort de paresse, a inventé le ski-doo.
27.3.06
Pâtes molles
Il faut toujours cuire les pâtes pour qu'elles soient al dente... sauf dans les foyers pour personnes âgées où on les préfère al dentier.
5.2.06
Autopsie d'un Super Bowl
J’ai beaucoup aimé le match Super Bowl - et pas parce que mon équipe favorite, les Steelers, ont gagné. Plutôt parce qu’on a eu droit à un match à peu près impossible à transformer en récit mythique peuplé de héros aux nerfs d’acier infaillibles et de mauviettes méritant de perdre. Parce qu’ils ont l’esprit pollué par le cinéma, les journalistes ont la manie de transformer les joutes sportives en contes moraux hollywoodiens. Je ne vois pas comment ils vont réussir ça avec ce match-là.
Les Steelers ont gagné, mais ils n’ont pas été parfaits. Leur meneur, le quart Ben Roethlisberger, a réussi de gros jeux mais a aussi commis quelques erreurs monumentales. Il a même joué de chance quand les arbitres lui ont accordé un touché sur un jeu serré sur lequel il planera un doute éternel. Ni lui ni aucun de ses coéquipiers n’a réussi LE GROS JEU scellant l’issue de la rencontre. On a plutôt eu droit à un match complexe impossible à réduire à un seul «grand moment».
En vérité, tous les matchs sportifs sont comme ça parce qu’ils ne sont pas écrits par des scénaristes. Ils sont chaotiques, hasardeux et souvent injustes... comme la vie. Mais on ne l’accepte pas, alors on leur impose une structure narrative qui leur donne un sens.
Les Steelers ont gagné, mais ils n’ont pas été parfaits. Leur meneur, le quart Ben Roethlisberger, a réussi de gros jeux mais a aussi commis quelques erreurs monumentales. Il a même joué de chance quand les arbitres lui ont accordé un touché sur un jeu serré sur lequel il planera un doute éternel. Ni lui ni aucun de ses coéquipiers n’a réussi LE GROS JEU scellant l’issue de la rencontre. On a plutôt eu droit à un match complexe impossible à réduire à un seul «grand moment».
En vérité, tous les matchs sportifs sont comme ça parce qu’ils ne sont pas écrits par des scénaristes. Ils sont chaotiques, hasardeux et souvent injustes... comme la vie. Mais on ne l’accepte pas, alors on leur impose une structure narrative qui leur donne un sens.
4.1.06
Serenity
J'ai un nouveau film de science-fiction favori. Prolongement de la défunte télésérie Firefly, Serenity ne réinvente pas le genre. Il y a là-dedans un empire du bien qui est à peine mieux qu'un empire du mal, des contrebandiers de l'espace qui deviennent des rebelles et une jeune guerrière surdouée dans la lignée de Luke Skywalker. Mais le film est quand même d'une grande fraîcheur et ça tient surtout à l'originalité de ses dialogues. Son créateur, Josh Wheadon, n'a pas son pareil pour faire du neuf avec du vieux. Exemple:
CAPITAINE: You wanna to run this ship? (vieille ligne qu'on a entendu 100 fois)
Membre d'équipage: Yes. (Oups. Ça, c'est nouveau)
CAPITAINE: (pris de court) Well, you can't!
Ou encore:
PILOTE: This landing is gonna get pretty interesting.
CAPITAINE: Define interesting.
PILOTE: (comme un mauvais acteur) Oh god, oh god, we're all gonna die.
Buffy the Vampire Slayer, une autre création de Josh Whedon, était aussi truffé de ce genre de clins d'oeil aux clichés du cinéma et à la culture populaire. Quelle belle façon d'établir une complicité avec le spectateur en lui disant: moi aussi, j'ai vu les films que tu as vu, et mes personnages aussi. Maintenant, allons plus loin...
CAPITAINE: You wanna to run this ship? (vieille ligne qu'on a entendu 100 fois)
Membre d'équipage: Yes. (Oups. Ça, c'est nouveau)
CAPITAINE: (pris de court) Well, you can't!
Ou encore:
PILOTE: This landing is gonna get pretty interesting.
CAPITAINE: Define interesting.
PILOTE: (comme un mauvais acteur) Oh god, oh god, we're all gonna die.
Buffy the Vampire Slayer, une autre création de Josh Whedon, était aussi truffé de ce genre de clins d'oeil aux clichés du cinéma et à la culture populaire. Quelle belle façon d'établir une complicité avec le spectateur en lui disant: moi aussi, j'ai vu les films que tu as vu, et mes personnages aussi. Maintenant, allons plus loin...
6.11.05
The Kingdom
L’un des aspects les plus fascinants de la télésérie The Kingdom est le contexte dans laquelle elle a été élaborée. Pour intéresser ta télé danoise, son créateur, Lars Von Trier devait trouver un concept coûtant très peu cher à produire. Sa solution : tourner toute la série dans un seul lieu (un immense hôpital de Copenhague) avec deux caméras à l’épaule et des éclairages rudimentaires pour accélérer le processus. Bref, c’est à la contrainte budgétaire que la série doit son look et son style unique.
En faisant ces choix, Von Trier a réduit au strict minimum les problèmes de production. Ce qui fait perdre du temps et coûte de l’argent quand on tourne, c’est continuellement changer de lieu de tournage et faire des éclairages. C’est aussi qui sape le moral de tout le monde, à commencer par les acteur. D’où l’intérêt d’un concept permettant de se débarrasser de ces platitudes et de concentrer sur ce qu’il y a de vraiment trippant en cinéma et en télévision : écrire des scénarios, tourner avec les acteurs et monter le matériel.
En faisant ces choix, Von Trier a réduit au strict minimum les problèmes de production. Ce qui fait perdre du temps et coûte de l’argent quand on tourne, c’est continuellement changer de lieu de tournage et faire des éclairages. C’est aussi qui sape le moral de tout le monde, à commencer par les acteur. D’où l’intérêt d’un concept permettant de se débarrasser de ces platitudes et de concentrer sur ce qu’il y a de vraiment trippant en cinéma et en télévision : écrire des scénarios, tourner avec les acteurs et monter le matériel.
1.11.05
Au fil du temps
Diffusée par HBO comme The Sopranos et Six Feet Under, la série The Wire est beaucoup moins connue. Ce qui ne l’empêche pas d’être la meilleure du lot à mon avis. C’est une série policière se déroulant à Baltimore, un ville mal en point si je me fie à ce qu’on voit là-dedans.
The Wire, c’est le contraire absolu de 24. 24 raconte en 24 épisodes une journée dans la vie de Jack Bauer alors qu'il tente d’éviter une tragédie d’envergure nationale : l’assassinat du président, l’explosion du bombe atomique, etc. Chaque seconde compte et les enjeux sont très élevés. The Wire propose l’expérience inverse. Chaque saison de la série raconte une seule enquête portant sur une affaire mineure et s’étirant sur plusieurs semaines.
L’intérêt de la série, c’est qu’elle prend le temps d’entrer dans les détails. On est dans la routine, la procédure. Le résultat est d’un réalisme jamais vu dans une série policière. On a vraiment l’impression de voir comment fonctionne la police et le crime organisé dans une grande ville. C’est une expérience télévisuelle totalement nouvelle, se rapprochant de la lecture d’un roman de Balzac ou Tolstoï.
L’autre grande qualité de la série, c’est qu’elle traite de la même façon ses «bons» et ses « méchants». Les policiers sont alcooliques et commentent des erreurs. Les trafiquants de drogue ont des familles et font ce métier parce qu’ils ne connaissent pas d’autres façons de gagner leur vie.
La première saison de The Wire raconte une enquête sur un groupe de trafiquants dans un quartier noir et très pauvre. La deuxième saison porte plutôt sur la contrebande et la vie en générale dans le port de Baltimore. De la télé américaine à la fois originale et divertissante.
The Wire, c’est le contraire absolu de 24. 24 raconte en 24 épisodes une journée dans la vie de Jack Bauer alors qu'il tente d’éviter une tragédie d’envergure nationale : l’assassinat du président, l’explosion du bombe atomique, etc. Chaque seconde compte et les enjeux sont très élevés. The Wire propose l’expérience inverse. Chaque saison de la série raconte une seule enquête portant sur une affaire mineure et s’étirant sur plusieurs semaines.
L’intérêt de la série, c’est qu’elle prend le temps d’entrer dans les détails. On est dans la routine, la procédure. Le résultat est d’un réalisme jamais vu dans une série policière. On a vraiment l’impression de voir comment fonctionne la police et le crime organisé dans une grande ville. C’est une expérience télévisuelle totalement nouvelle, se rapprochant de la lecture d’un roman de Balzac ou Tolstoï.
L’autre grande qualité de la série, c’est qu’elle traite de la même façon ses «bons» et ses « méchants». Les policiers sont alcooliques et commentent des erreurs. Les trafiquants de drogue ont des familles et font ce métier parce qu’ils ne connaissent pas d’autres façons de gagner leur vie.
La première saison de The Wire raconte une enquête sur un groupe de trafiquants dans un quartier noir et très pauvre. La deuxième saison porte plutôt sur la contrebande et la vie en générale dans le port de Baltimore. De la télé américaine à la fois originale et divertissante.
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