22.12.06

Tourisme

Quand j’ai visité Paris ce printemps, j’ai fait un tour de bateau sur la Seine et j’ai pris cette photo:

Sur le moment, j’ai cru que j’avais affaire à une nouvelle classe de sans-abri assez riches pour se procurer du matériel de camping dernier cri. J’apprends aujourd’hui en lisant La Presse qu’il s’agit plutôt de «camping de sensibilisation». Pour attirer l’attention des médias et du public sur le sort des sans-abri, l’association Les enfants de Don Quichotte invitent les gens à devenir des sans-abri volontaires en campant en plein cœur de Paris.

Je me sens épais de ne pas avoir fait un peu de recherche pour éclaircir le mystère de ma photo à mon retour à Montréal. Dire que j’ai déjà été journaliste! Un vrai journaliste aurait eu le réflexe de faire un peu de recherche. Pas moi. Moi, j’ai eu le réflexe de prendre la photo. J’ai été intrigué. Mais je n’ai pas poussé plus loin.

Je suis devenu journaliste parce que je croyais posséder les deux qualité essentielles pour pratiquer ce métier: la curiosité et un talent pour l’écriture. Je me trompais. Je n’ai pas été un bon journaliste parce que je ne suis pas assez sociable. Pour bien pratiquer ce métier, il faut aimer parler aux gens, avoir un réseau de contact, vouloir faire des rencontres. Je ne suis pas naturellement comme ça. Faire du journalisme, c’était pour moi comme une thérapie. Ça me faisait sortir. Ça me faisait voir des choses et vivre des expériences. Mais mon Dieu que je trouvais ça pénible.

Maintenant que je ne suis plus journaliste, mon côté taciturne et solitaire a pris encore plus d’ampleur. Ma curiosité, je peux maintenant l’assouvir sur Internet sans avoir à adresser la parole à qui que ce soit. En tant qu’internaute, je n’ai jamais pris le «virage social» initié par les blogues et la messagerie instantanée. Pour moi, Internet reste une grande bibliothèque que je fréquente en solitaire.

J'ai la même attitude dans la vie en générale. Je suis un touriste. Je visite. Je regarde. Je suis renseigné. Mais je n’établis pas de contact avec la population locale. Et je prends des photos sans chercher à comprendre ce qu'il y a dessus.

2 commentaires:

Martine la banlieusarde a dit...

On insite beaucoup sur les aspects sociaux d'Internet, sur cette "technologie de communication", en négligeant que la majorité des utilisateurs se satisfait d'un rôle de "lurker" (voyeur).

P.S.- J'ai découvert ton antre par surprise, en voyant un "Barclay" dans la liste des liens sur ni vu ni connu... Est-ce celui que je connais, me suis-je demandé? On dirait bien!

Barclay a dit...

Eh oui, c'est moi. Avec un nom comme le mien, c'est dur de se cacher!

Ça fait plaisir de recevoir ta visite.