29.10.06

Il vente!

Le vent très violent qui a balayé le Québec aujourd’hui a transformé le lac Saint-Louis en mer déchaînée. J’ai pris cette photo tout près de chez moi et le vent soufflait si fort en provenance du lac que j’ai eu du mal à marcher jusqu’à la berge.

Les vagues s’abattant sur la rives et les «moutons blancs» roulant au large m’ont fait penser au golfe Saint-Laurent et la Côte-Nord, là d’où je viens.

28.10.06

Un soirée avec Ariane Moffat

J’ai bien aimé le spectacle d’Ariane Moffat que j’ai vu hier soir à la salle Pauline-Julien du collège Gérard-Godin à Sainte-Genviève. Même si elle semblait déçue de chanter devant une salle remplie de gens assis dans leur fauteuil, Ariane a livré une très bonne prestation.

Ça doit faire drôle de «rocker» et de se trémousser devant une foule de gens assis. Mais je dois dire que moi après ma journée de travail, j’étais bien content d’avoir mon siège réservé dans la première rangée. Reste que le spectacle d’Ariane Moffat est surtout composé de chansons rythmées et gagne sûrement à être vu dans une salle où il y a un parterre de gens debout pour «rocker» avec elle. C’est une question d’énergie.

Le spectacle m'a fait redécouvrir à quel point la chanson Poussière d'Ange est une réussite littéraire. Écrire un si beau texte au sujet de l'avortement, il faut le faire. J'aime surtout le début du refrain: «Juste au mauvais moment, une poussière d'ange t'est tombé dedans...» Le double sens de «Juste au mauvais moment» frappe particulièrement fort.

Un mot en terminant sur Joseph Marchand, guitariste et grand complice musical d’Ariane Moffat. Le gars semble maintenant assumer totalement sa condition de guitariste le moins cool de l’histoire du rock. Hier soir, il portait de grosses lunettes noires et avait les cheveux séparés sur le côté dans le plus pur style nerd. Et il se tortillait en jouant de la guitare avec toute la grâce et le sens du rythme d’un jeune Bill Gates. Bref, c’est ma nouvelle idole.

27.10.06

Panne sèche

L’avantage de gagner sa vie en écrivant, c’est qu’on peut travailler n’importe où. L’autre jour, je dois me rendre dans un bureau gouvernemental. Comme je m’attends à devoir patienter un bon moment, j’apporte avec moi un cahier et un stylo. Coup de chance: une fois installé dans la salle d’attente, je suis soudain «inspiré». Les idées viennent et je griffonne furieusement dans mon cahier. Le temps passe et je m’en fous. Je n’attends pas, je travaille. Je ne perds pas mon temps, je gagne de l’argent. Bref, c’est le bonheur parfait... jusqu’à ce que mon stylo tombe en panne sèche! Pour une fois, je manque d’encre au lieu de manquer d’inspiration!

J’en ai été quitte pour attendre comme tout le monde.

26.10.06

Physique familiale

On n’entend presque plus l’expression «famille nucléaire» qu’on avait inventé pour désigner l’unité familiale composée d’un papa, d’une maman et de leurs enfants. On cherchait ainsi à la distinguer de la «famille élargie» comprenant les grands-parents, les oncles, les tantes, les cousins, les neveux, etc.

De nos jours, on dit tout simplement «famille» pour parler d’un ménage avec des enfants. Quand Jack Bauer, le héros de la télésérie 24, dit qu’il veut protéger sa «famille», on sait très bien que ça n’inclut pas ses oncles, ses tantes et ses cousins. Eux, Jack les laisse aux terroristes.

N’empêche, l’expression «famille nucléaire» exprime bien le côté volatil et explosif de la famille moderne. De la famille nucléaire à la famille éclatée, il y a une progression naturelle. Comme le noyau atomique, les familles modernes vivent parfois une fission ou une fusion. Et on aurait besoin d’un tableau périodique pour classer toutes les configurations familiales possibles de nos jours...

25.10.06

Radio régionale

Mon émission de radio favorite vient de l’Amérique profonde et je l'écoute... sur Internet. A Prairie Home Companion est diffusée depuis plus de 30 ans à NPR, la radio publique américaine. C’est un mélange de numéros musicaux (surtout du country et du folk) et de sketchs humoristiques rappelant l’époque où les familles se réunissaient dans leur salon le soir pour écouter la radio.

L'âme de l'émission, c'est son animateur, Garrison Keillor. Le type a plus de 60 ans et vit au Minnesota où il est né. Comme Richard Desjardins, c’est un «gars des régions». Comme Pierre Foglia, il est vieux et ne se gène pas pour en parler.

La vie régionale, la vieillesse et la météo sont les sujets de prédilection de son émission. Le meilleur moment de chaque épisode est un monologue livré par Keillor lui-même, The news form Lake Wobegon. Keillor raconte les tribulations des habitants d’une petite ville imaginaire au Minnesota, Lake Wobegon.

Chaque semaine, Keillor conclut son monologue en disant qu’à Lake Wobegon, «all the children are above average». J’ai l’impression que c’est l’objectif que poursuit le ministre de l’éducation du Québec avec sa fameuse réforme scolaire...

24.10.06

Popa, Moman, Macha et moi

Pour qu’une télésérie devienne un succès populaire, est-ce que le public doit se reconnaître dans ses personnages? Moi je pense que oui, mais ça n’a pas l’air d’être l’opinion de ceux qui s’étonne des faibles cotes d’écoute que décroche Tout sur Moi, la «fiction-réalité» mettant vedette Macha Limonchik, Éric Bernier et Valérie Blais.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on est loin de La Petite Vie! J’adorais Ti-Mé et Môman parce que je trouvais qu'ils étaient une caricature féroce de mes parents. Mes parents aussi adoraient Ti-Mé et Moman – surtout à cause de leur façon de se balancer des vérités par la tête. Je ne pense pas qu’eux «se reconnaissaient» dans ses personnages terribles, mais je suis sûr qu’ils sentaient un lien, une parenté. Même chose avec les Bougon.

Je suis sûr que mes parents ne ressentent pas la même chose pour Macha et ses amis. Même moi, je ne m’identifie pas du tout à ces personnages qui ont à peu près de mon âge. Et pourtant, j’ai déjà eu l’honneur d’habiter sur le Plateau.

La série est bien écrite et intéressante sur le plan formel, mais ses protagonistes sont des acteurs et des vedettes qui ont des problèmes d’acteurs et de vedettes. Ça installe une distance.

Le plus dérangeant, c’est que Tout sur Moi a l’air de s’inscrire dans une tendance. Les Hauts et les Bas de Sophie Paquin se déroule en bonne partie dans le milieu artistique. Et aux États-Unis, NBC a lancé cet automne DEUX séries se déroulant dans les coulisses d’un show d’humour dans le genre de Saturday Night Live. Je sais qu’il faut écrire sur ce qu’on connaît, mais il y a des limites.

23.10.06

L'Île Saint-Bernard

Cet été, j’ai fait une très agréable excursion à l’île Saint-Bernard à Châteauguay, un oasis de verdure qui été transformée en refuge faunique en 1993.

Pour les Montréalais, la façon la plus dépaysante de visiter cet endroit est de prendre le bateau-passeur pour cyclistes et piétons qui l’été relient Lachine à Châteauguay. Le bateau traverse le lac Saint-Louis puis remonte la rivière Châteauguay sur une bonne distance.

Pour visiter l’île Saint-Bernard, inutile de faire la traversée avec son vélo. L’île est la chasse-gardée des piétons. Du débarcadère du bateau-passeur, il faut marcher une quinzaine de minutes pour se retrouver sur l’île.

L’île elle-même est parcourue par huit kilomètres de sentiers qui permettent d’en faire le tour. Le côté ouest de l’île offre une belle vue sur le lac Saint-Louis. Il y a quelques petites plages sur ce côté de l’île, mais l’eau est peu profonde et guère propice à la baignade. J'ai quand même fait un peu d'apnée près de la rive... et j'ai croisé une belle anguille dans mon de 50 centimètres d'eau.

On trouve aussi sur l’île des marécages, des zones boisées et des canaux aménagés pour favoriser la reproduction des poissons.

22.10.06

Fifi, tu m'inspires

D’après mon expérience, mieux vaut ne pas assouvir sa nostalgie télévisuelle. J’ai essayé avec le coffret DVD d’Albator et j’ai trouvé ça tellement plate que je l’ai ai abandoné sans le terminer. Même chose avec la Chaperonnette à Pois. Au début, je capotais... mais j’ai fini par m’ennuyer d’aplomb.

Je viens cependant de trouver une exception à la règle: Fifi Brindacier. Tous les épisodes de cette série tournée dans les années 60 ne sont pas passionnants, loin de là. En fait, je n’ai vraiment aimé que quatre derniers épisodes qui forment une longue histoire intitulée Les randonnées de Fifi Brindacier.

C’est ce que j’appellerais une aventure de grand chemin. Fifi, Tommy et Anika font un voyage, rencontrent des personnages bizarres et vont au hasard d’aventure en aventure. Il y a là-dedans un sentiment de liberté qui donne envie de partir à son tour – ou du moins d’écrire le même genre d’histoire pour les enfants d’aujourd’hui.

Presque tous les bons souvenirs que j’avais gardé de Fifi viennent de ces quatre épisodes. La colle Conrad. La chanson «Dans la joie, nous faisons de la musique, musique, musique». La vieille voiture carburant à la colle Conrad. Fifi qui descend un rapide dans un baril en bois...

21.10.06

The Prestige

Je me suis précipité voir le film The Prestige parce que je suis un fan du réalisateur Christopher Nolan depuis son premier long métrage: Following.

Le film raconte une lutte à finir entre deux magiciens de la fin du 19ième siècle, mais je ne l’ai pas trouvé magique. Ou disons plutôt que j’ai eu l’impression d’assister à un tour de magie. C’est habile, éblouissant... mais je suis sorti de la salle avec le sentiment de m’être fait avoir.

Le problème, c’est que je suis resté sur ma faim... thématique. Comme bien des jeunes cinéastes, Nolan a l’air de ne s’intéresser à rien d’autre que le cinéma. Ce n’est pas un obsédé de l’image et des effets spéciaux. C’est plutôt la mécanique narrative qui a l’air de le passionner. Les histoires et les façons de les raconter sur film.

Mais pour qu’une histoire soit satisfaisante, il ne faut pas seulement qu’elle soit logique, excitante et bien racontée. Il faut aussi qu’elle ait une résonance thématique – qu’elle ait un sens ou du moins qu’on n’ai pas l’impression de l’avoir suivi pour rien. C’est à ce niveau que The Prestige rate la cible. On en sort en se demandant: à quoi bon?

Christopher Nolan a un talent fou. Mais au fil des films, je trouve que son travail «résonne» de moins en moins sur le plan thématique. Following, un film fait avec des bouts de ficelle, n’a aucun problème de résonance. Il touche des thèmes comme la quête d’identité et la solitude. Memento, le film qui a fait connaître Nolan, est plus «mécanique» - mais il aborde quand même un thème fascinant: le rôle de la mémoire et de l’oubli dans l’expérience humaine.

De quoi parle The Prestige? Aucune idée. Et c’est bien ça le problème...

20.10.06

Il neige!

En ce moment à Montréal, de gros flocons de neige tombent du ciel et fondent en touchant le sol. Je regarde ça et j’ai hâte que l’hiver s’amène pour vrai – parce que je suis déjà d’humeur à faire du ski de fond.

Le printemps et l’automne sont pour moi les saisons de l’attente. L’été, je joue à la balle, je fais de la plongée et je me promène en bateau. L’hiver, je fais du ski de fond deux ou trois fois par semaine. Entre les deux, j’attends et je prends du poids.

Au printemps et à l’automne, on fait des affaires plates comme prendre des marches. Ou disons plutôt qu’on prend UNE marche. Parce qu’après une, on n’a rarement envie d’en prendre une autre.