21.10.06

The Prestige

Je me suis précipité voir le film The Prestige parce que je suis un fan du réalisateur Christopher Nolan depuis son premier long métrage: Following.

Le film raconte une lutte à finir entre deux magiciens de la fin du 19ième siècle, mais je ne l’ai pas trouvé magique. Ou disons plutôt que j’ai eu l’impression d’assister à un tour de magie. C’est habile, éblouissant... mais je suis sorti de la salle avec le sentiment de m’être fait avoir.

Le problème, c’est que je suis resté sur ma faim... thématique. Comme bien des jeunes cinéastes, Nolan a l’air de ne s’intéresser à rien d’autre que le cinéma. Ce n’est pas un obsédé de l’image et des effets spéciaux. C’est plutôt la mécanique narrative qui a l’air de le passionner. Les histoires et les façons de les raconter sur film.

Mais pour qu’une histoire soit satisfaisante, il ne faut pas seulement qu’elle soit logique, excitante et bien racontée. Il faut aussi qu’elle ait une résonance thématique – qu’elle ait un sens ou du moins qu’on n’ai pas l’impression de l’avoir suivi pour rien. C’est à ce niveau que The Prestige rate la cible. On en sort en se demandant: à quoi bon?

Christopher Nolan a un talent fou. Mais au fil des films, je trouve que son travail «résonne» de moins en moins sur le plan thématique. Following, un film fait avec des bouts de ficelle, n’a aucun problème de résonance. Il touche des thèmes comme la quête d’identité et la solitude. Memento, le film qui a fait connaître Nolan, est plus «mécanique» - mais il aborde quand même un thème fascinant: le rôle de la mémoire et de l’oubli dans l’expérience humaine.

De quoi parle The Prestige? Aucune idée. Et c’est bien ça le problème...

20.10.06

Il neige!

En ce moment à Montréal, de gros flocons de neige tombent du ciel et fondent en touchant le sol. Je regarde ça et j’ai hâte que l’hiver s’amène pour vrai – parce que je suis déjà d’humeur à faire du ski de fond.

Le printemps et l’automne sont pour moi les saisons de l’attente. L’été, je joue à la balle, je fais de la plongée et je me promène en bateau. L’hiver, je fais du ski de fond deux ou trois fois par semaine. Entre les deux, j’attends et je prends du poids.

Au printemps et à l’automne, on fait des affaires plates comme prendre des marches. Ou disons plutôt qu’on prend UNE marche. Parce qu’après une, on n’a rarement envie d’en prendre une autre.

19.10.06

Que les moins pires gagnent

C'est ce soir que se termine (enfin) la série de championnat de la Ligue Nationale de baseball opposant les Mets de New York au Cards de Saint-Louis. Je ne me souviens pas d'avoir vu deux équipes aussi minables s'affronter en série au baseball.

Les Mets ont un bon alignement de frappeurs, mais ils ont perdu deux de leurs meilleurs partants juste avant le début des séries. Steve Trachsel, un autre de leur «partant fiable», a donné 5 points en une manche dans le troisième match de la série avant d'être victime d'une blessure.

Ce soir, les Mets envoient au monticule Oliver Pérez qui a terminé la saison avec une fiche de 3-13 et une moyenne de points mérités de 6,55! C'est ce qu'on appelle tirer sa dernière cartouche!

Le pire, c'est que Pérez a des chances de s'en tirer parce que l'attaque des Cards fait vraiment pitié. Leur seul vrai bon frappeur, c'est le premier-but Albert Pujols. Les autres me semblent tous inférieurs à la moyenne à leur position.

Les Cards sont un peu moins à court de partants que les Mets. Ils envoient ce soir au monticule un lanceur crédible, Jeff Suppan. Par contre, les Mets ont de meilleurs releveurs. On verra bien ce que ça va donner...

Chose certaine, cette «série catatastrophe» reflète bien l'état pitoyable de la Ligue Nationale où le calibre de jeu est très inférieur à ce qu'on voit dans la Ligue Américaine. Souhaitons que les Tigers de Détroit remporte la Série Mondiale en quatre matchs et forcer toutes les équipes de la Ligue Nationale à faire un examen de conscience.

18.10.06

Délima! C'est moi!

Depuis quelques semaines, ma blonde est en congé forcé et s'est transformée en femme à la maison. On découvre donc la vie de couple façon Fred et Délima Cailloux et je dois dire que le bilan est plutôt positif. On s’entend mieux. La tension monte moins souvent. Les chicanes sont plus rares.

Ce qui fait la différence à mon avis, c’est qu’on ne voyage plus ensemble en voiture pour se rendre au travail. Le matin, je fais ma petite affaire tout seul et je pars quand je suis prêt. Même chose le soir: je peux traîner au bureau autant que je veux et on n’a plus à se téléphoner pour se coordonner.

Elle n’a plus à patienter quand je suis en retard. Je n’ai plus à supporter ses commentaires sur ma façon de conduire. Elle n’est plus en ma compagnie très tôt le matin quand je n’ai pas envie de parler à personne. Je peux écouter ce que je veux à la radio. Bref, on a moins l’occasion de se taper sur les nerfs et ça fait du bien.

Conclusion? Non, je ne pense pas que les femmes doivent rester à la maison pour qu’on soit plus heureux en couple. Mais je crois qu’il y a des moments dans la vie où l’homme et la femme ont intérêt à s’éviter. Quand on part pour le travail, on se dépêche et on est stressé. Quand on revient, on est fatigué. Bref, voilà deux moments de la journée où on est loin d’être à notre meilleur. Alors aussi bien les passer tout seul...

17.10.06

Plonger à Saint-Timothée


Mon endroit préféré pour plonger en apnée dans le sud du Québec est le parc de la Pointe-Bayard, sur le fleuve Saint-Laurent, tout juste à l’est de village de Saint-Timothée.

L’endroit est sauvage et ne ressemble pas du tout à un parc. Du stationnement au bord de la route, un sentier conduit juste en aval du barrage de Saint-Timothée. Pour une raison mystérieuse, l’eau au pied du barrage est d’une limpidité exceptionnelle. Certaines journées, on a presque l’impression de nager dans les Caraïbes tellement la visibilité est bonne.

Le paysage sous-marin est diversifié. Près des berges, les plantes aquatiques forment un habitant abritant de nombreux petits poissons ainsi que des brochets toujours bien dissimulés.

Plus loin au large, on survole une plage submergée faite de coquillages brisés où de gros casostomes ont l’habitude de s’alimenter. Ailleurs, le fond est composé de gros blocs de roche intéressants à explorer.

La faune est abondante et variée. J’ai vu à cet endroit de très gros achigans, des barbottes, des perchaudes, des brochets, des crapets-soleil, des crapets harlequins, une carpe gigantesque et même un malchigan.

Le seul bémol, c’est que l’eau sortant du barrage et d’une cascade située juste à côté forment des courants et des contre-courants qui compliquent un peu l’exploration. Comme toujours en plongée, il s’agit de rester prudent.

16.10.06

Paroles de chanson

L’Artiste-Autrefois-Connu-Sous-Le-Nom-De-Jean-Leloup m’énerve avec ses multiples noms et sa manie de renier ses vieux disques, mais il faut lui donner une chose: il sait écrire des textes.

Sur Mexico, son dernier album, il y a deux chansons que je trouve géniale.

Le Malheur raconte avec un tel brio une histoire d’homicide que je la verrais telle quelle dans un recueil de nouvelles. J’aime surtout ce passage:

Elle veut qu’il parte et ce n’est rien
Mais l’imbécile, il la retient
Non pas beaucoup, juste un moment
C’est ça l’erreur, exactement

Non pas beaucoup, juste un moment
C’est ça l’erreur, exactement


La répétition des deux dernières lignes est particulièrement efficace. C’est comme figer l’image au cinéma. Une façon d’arrêter l’action au moment crucial du drame.

L’autre chanson que j’aime beaucoup n’est pas vraiment une chanson mais plutôt un texte récité sur de la musique. Everybody wants to leave parodie ces artistes qui sont toujours en train de parler de leurs projets et des gens extraordinaires qu’ils ont rencontré. C’est très drôle. À lire sur le site Roi Ponpon.

15.10.06

Le parc des Rapides

J’habite dans la région depuis quinze ans de Montréal et c’est seulement hier que j’ai découvert un de ses plus beaux sites naturels : le parc des Rapides à Lasalle.

Le parc est une étroite bande de terre située le long du fleuve entre la 3ième et la 31ième avenue à Lasalle. Ce qui rend l’endroit intéressant, c’est la présence d’une presque île qui s’avance dans les eaux tumultueuses du rapide de Lachine. C’est le site d’un ancien barrage hydroélectrique construit à la fin du 19ième siècle dont il ne reste à peu près rien.

Parcourir à pied la presque île permet d’admirer de près les impressionnant rouleaux formés par les rapides ainsi que l’île aux Hérons et ;'île aux Chèvres qui se trouvent juste en face. J’aimerais bien faire partie des chanceux qui possèdent des chalets sur cette île posée en plein milieu des rapides.

Les rapides sont fréquentés par des kayakistes qui offrent un spectacle impressionnant. Pêcheurs et amateurs d’ornithologie sont aussi nombreux à fréquenter l’endroit.

14.10.06

Simenon

Au cours de la dernière année, j’ai lu une trentaine de romans de Georges Simenon. C’est moins colossal qu’il n’y paraît. Tous les romans de Simenon font environ une centaine de pages et sont tellement bons que ça se lit tout seul.

Simenon écrivait plusieurs romans par année, alternant entre les polards mettant en vedette son extraordinaire commissaire Maigret et des œuvres plus «sérieuses» explorant la vie moderne. Ce qui frappe, c’est l’extraordinaire qualité d’ensemble. Romans après romans, c’est bon. Simenon écrit en français comme personne. Ses romans ont quelque chose de très cinématographique parce que c’est avant tout un raconteur. Un personnage principal très fort dans une bonne histoire. C’est ça, la méthode Simenon.

De tous les Simenon que j’ai lu jusqu’à maintenant, c’est Le Petit Homme d'Arkhangelsk qui m’a le plus impressionné. Si Kafka avait travaillé comme scénariste à Hollywood, j’imagine qu’il aurait écrit ce genre d’histoire. J’ai aussi adoré La Boule Noire, qui se passe dans une banlieue américaine, ainsi que La Fenêtre des Rouets, Les Complices et En Cas de Malheur.

13.10.06

Problème de langue

J’ai regardé le premier épisode de la télésérie October 1970 présentée à CBC et je suis convaincu que ses créateurs sont passés à un détail près de produire un authentique chef d'oeuvre canadien.

L’ingrédient manquant: le bilinguisme. Des felquistes qui parlent entre eux en anglais, je ne pense pas que ça fonctionne même pour les téléspectateurs du Canada anglais.

Je ne comprends pas pourquoi les auteurs de la série n’ont pas choisi de faire parler tous leurs personnage dans leur langue natale. L’oeuvre aurait été plus réaliste et dramatiquement plus forte. La dualité culturelle canadienne est justement ce qui est à l’origine de la crise d’octobre. Il aurait fallu l’exprimer plutôt que la gommer.

En y allant avec des dialogues bilingues et en utilisant des sous-titres, on aurait pu produire à un peu de frais deux versions de la série – une pour le Québec et une pour le Canada anglais. On aurait pu ainsi créer la même dynamique linguistique que dans Bon Cop Bad Cop. L’utilisation des deux langues est ce que j’ai préféré dans ce film qui autrement serait assez banal.

12.10.06

Du piquant à Rigaud

Je suis allé faire du vélo à Rigaud en fin de semaine et j’ai eu la surprise de découvrir dans cette petite ville pas du tout exotique... une fabrique de sauce piquante!

Décorée de piments rouges, la boutique Peppermaster se trouve en plein centre-ville de Rigaud. À l’intérieur, les sauces à base de piments fabriquées sur place sont exposées sur des petites tablettes comme des œuvres d’art dans un musée. Tout ce qu’il y a de plus artisanale, l’usine à sauce se trouve dans l’arrière-boutique.

La présence d’un tel commerce à Rigaud est si incongrue qu’on ne peut s’empêcher de se demander comment l’affaire reste à flot. L’entreprise a été fondée par un type qui a grandi aux Bahamas et qui, contre toute attente, a décidé de s’installer à Rigaud. J’ai essayé sa marinade jerk et je l’ai trouvé fantastique.